J’avais dix-sept ans quand j’ai dévoré Quatre Soeurs. Depuis, je relis régulièrement les quatre tomes afin d’y retrouver l’atmosphère si particulière qui m’avait séduite la première fois. J’ai presque trente-quatre ans, alors autant vous dire que j’ai relu les livres un paquet de fois!

Chaque tome a pour titre un prénom: Enid, Geneviève, Bettina et Hortense. À chaque livre, une soeur, son histoire et sa saison. Mais toutes ont une Histoire en commun, la mort de leurs parents lors d’un accident horrible et tragique.

Mais pas de pathos inutile dans ces livres! Les Quatre soeurs orphelines sont élevées par une cinquième, Charlie, qui n’a pas son livre mais qui est présente dans tous. Vingtenaire bienveillante, dynamique mais qui ne sait pas trop où elle en est dans sa propre vie. Et que faire de cet amoureux, Basile, un peu planplan, fidèle compagnon et qui cuisine le couscous à la perfection?

Les filles vivent dans une maison biscornue, la Vill’Hervé, au bord de l’océan, seules, avec la présence en pointillés d’une tante ronchon qui apparaît dès qu’on prononce son prénom!

Enid, c’est l’automne, la plus jeune et le petit elfe rêveur de la fratrie. Elle s’inquiète de la disparition de sa chauve-souris préférée et fera une bien étrange découverte concernant d’anciens habitants de la Vill’Hervé.

Hortense c’est la littéraire et l’hiver. La timide. La passionnée. Le théâtre la fait sortir de sa coquille, tel un escargot timide, et son amitié avec Muguette renouer avec quelque chose qu’elle aurait aimer ne plus jamais vivre: la mort d’un proche.

Bettina, le printemps, qu’on pourrait croire bécasse et superficielle. Elle en pince pour un beau mec alors que c’est le laideron du coin qui lui fait du gringue. Laideron? Pas tant que ça! Cours Bettina, avant que quelqu’un d’autre s’aperçoive qu’il n’est pas si moche que ça!

Geneviève, l’été, est la plus maternelle d’entre toutes. Celle qui a pris beaucoup sur elle, au détriment de l’innocence de la jeunesse. Alors elle pratique en secret les arts-martiaux, pour décompresser… Et croise Vigo, ses beaux yeux, ses mystères et ses plans pas trop réglos.

Même si les quatre soeurs ont chacune un tome, elles vivent des aventures dans celui des autres. Tout s’emmêle dans un joyeux bordel, surtout dans le tome quatre, mon préféré: Charlie vit une passion débordante avec un nez parisien venu s’exiler au bord de l’océan, Enid et Hortense partent à la recherche de leur tante dans un Paris accablé de chaleur, Bettina part à la campagne et rencontre Augustin et Geneviève vend des glaces sur la plage…

Sur elles plane la présence fantomatique de leurs parents. Ils apparaissent à chacune des soeurs, habillés différemment, dans les différentes pièces de la maison? Phantasme? Réalité? A chaque soeur et chaque lecteur de se faire sa propre idée.

Ah la Vill’Hervé! Je m’étais toujours dit que ma maison ressemblerait à ça quand je serai adulte. Une maison aux pièces multiples, un peu bringuebalante, aux coins et recoins, avec des animaux qui trottent partout, des rires et des disputes qui résonnent dans les couloirs. Malika Ferdjoukh a écrit l’un des plus belles oeuvres de la littérature jeunesse. Elle a su dire la tristesse de la mort, la beauté des émois de l’adolescence, l’hésitation face à l’amour, l’émoi face à l’éveil de la sexualité, l’éveil des sens face à la littérature. Quatre soeurs, c’est aussi quatre saisons, quatre stades de l’amour, de la vie, de l’amitié! Alors lisez-le! Faites-le lire! Offrez-le!

Publié par Hélène

Lectrice avant tout #mercredicestlejourdulivredesenfants #bookstagram

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