Nous faire passer du rire aux larmes, c’est l’extraordinaire pouvoir qu’a Susin Nielsen. Sans pathos inutile et violons larmoyants. Nielsen sait écrire le drame, le deuil vécu au quotidien et la vie qui redevient belle peu à peu. En trébuchant, certes, mais quand même.

C’est quoi l’histoire? me demander-vous petits impatients que vous êtes.

C’est celle de Petula, de sa mère, de son père. De sa famille quoi. Avant le drame, ils étaient quatre. Avant le drame, il y avait Maxine, trois ans, dérivée féminin de Max et les maximonstres, petite soeur et fille adorée. Elle a laissé un grand vide et de la tristesse Maxine. Petula a de terribles TOC et a peur de mourir à la montre erreur d’inattention et collectionne les morts absurdes (“UNE ADOLESCENTE PIÉTINÉÉ À MORT LE JOUR DES SOLDES, ON LUI OFFRE UN BÂTON SAUTEUR POUR SON ANNIVERSAIRE, IL MEURT AU PREMIER SAUT”), la mère de Petula comble le manque en accueillant des chats aux noms farfelus en attente d’adoption et son père noie son chagrin dans le travail et la fuite.

Celui qui va ramener un peu de chaleur dans ce foyer perturbé, c’est Jacob. C’et pas la grande forme pour lui non plus. Il dans le même groupe d’Artpsy du lycée de Petula et même s’il a l’air de clamer au monde entier que tout va bien, son bras bionique hurle le contraire. Jacob a lui aussi eu son lot de malheurs. Un accident avec ses meilleurs potes de lycée. Il y a eu des morts et un seul survivant, pas tout à fait remis, mais presque. Jacob, il adore le cinéma autant que Petula aime les livres. Et très vite, ces deux-là vont s’adorer et s’aimer. Mais c’est difficile de s’aimer quand on se déteste soi même. Ça va être ça alors l’histoire de ces deux amoureux. Apprendre à s’aimer à nouveau et faire confiance à l’autre. Ne plus faire partie des pessimistes, même si ceux là vivent plus longtemps.

Extrait.

“J’avais cogné dans son bras de robot. Il l’a agrippé, comme pour le protéger, avec sa bonne main.”C’est pas vrai! Je crois que tu l’as cassé. Regarde. Il ne bouge plus.

-Pardon!Je suis absolument désolée.”Les larmes me piquaient les yeux. J’avais du mal à contrôler mes impulsions depuis la mort de Maxine, mais je m’efforçais de travailler là-dessus.

J’ai entendu un bourdonnement électronique. Il a tendu vers moi un doigt bionique et m’a souri de toutes ses dents. “E.T. téléphone maison, m’a-t-il dit en imitant l’extraterrestre. Je blaguais Petula. Mon bras va très bien.

J’ai failli le retaper. “Mais quel abruti!

-Il est en fibre de carbone. C’est super résistant. Regarde.” Il a serré le poing et cogné dans une poubelle qui s’est renversée sur le trottoir. “Tu vois? “Il l’a redressée. “Même pas une rayure. Ça me donne l’impression d’être Steve Austin.

-Qui?

-Une série télé des années soixante dix. L’homme qui valait trois milliards. Mais Steve Austin avait deux jambes bioniques, un bras bionique et un oeil bionique. Moi, je n’ai que l’avant-bras jusqu’au coude.”

J’ai tourné à gauche pour éviter le chantier. Il a tourné avec moi.

“Je peux te demander comment….?ai-je demandé vaincue par la curiosité.

-Bien sûr. Je faisais de la randonnée tout seul l’an dernier. Soudain, un rocher s’est décroché et m’a coincé un bras contre la paroi. Je ne pouvais plus bouger. J’ai longtemps espéré que quelqu’un allait venir, mais le jour a cédé la place à la nuit, puis s’est de nouveau levé… J’ai cru que j’aillais mourir. Au bout de quelques jours, j’ai compris que je n’avais pas le choix: si je voulais survivre, j’allais devoir me scier le bras avec mon couteau suisse.”

Je vous laisse devenir si Jacob dit la vérité!

Susie Nielsen, c’est la découverte jeunesse de l’année 2019 (enfin pour moi). Pourtant, en fouillant un peu, j’ai découvert que je l’avais lu, il y a au moins vingt-ans. Parce qu’elle était a écrit des épisodes pour la série Degrassi (Les années collège en France) et elle avait écrit les livres pour la franchise. Et moi, j’avais acheté Mélanie, ou le journal d’une quatrième que j’adorais. Pourtant je ne regardais pas la série, j’étais un peu trop jeune (je crois, je l’espère) quand elle passait en France. Mais je relisais et relisais ce petit bouquin sur les premiers émois amoureux d’une collégienne mal dans sa peau. J’ai retrouvé cette ambiance dans Les optimistes meurent en premier. C’est truffé de références ciné, littéraires, nord-américaines, j’adore. Et cette plume qui écrit du tac au tac, comme dans un match de ping- pong, est acidulée mais sait aussi être très sombre. Susie Nielsen bravo: vous m’avez conquise! Je veux lire tous vos livres et vite!

Publié par Hélène

Lectrice avant tout #mercredicestlejourdulivredesenfants #bookstagram

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