Encore un livre lu d’une traite! C’était certain que le récit de Mary Rowlandson, femme vivant dans l’Amérique du XVIIème siècle et enlevée par des indiens lors de l’attaque de son village n’allait pas me laisser indifférente! Merci aux Édition du Cherche-Midi de me l’avoir envoyé, c’était une belle lecture.

Pour faire plus précis, parlons de l’histoire. Mary vit avec son mari Joseph, pasteur dans une petite bourgade du Massachusetts. Cette mère de trois enfants étouffe dans la moiteur de l’été 1672. Mais elle étouffe aussi dans le carcan de la société de l’époque. Tout transpire le puritanisme et les bondieuseries. La femme est l’inférieure de son mari. Elle ne peut sortir librement, parler, manger, s’habiller et vivre sans entraves. Elle ne suit que la volonté son mari et de son Dieu. Elle ne peut s’attacher à ses propres enfants ni sombrer dans la tristesse en cas de mort d’un proche car c’est vanité que de pleurer le matériel et de s’attacher à la chair. Il faut louer Dieu encore et encore. La Bible guide les pas de l’homme et de la femme de la naissance à la mort. Si l’on s’écarte de ses préceptes, on fait courir à la société complète un danger affreux. C’est cette menace, qui plane sans cesse sur le Village, comme le rabâchent sans cesse les Puritains et le Pasteur. Celle de l’ écart d’un membre de la paroisse qui attirerait le courroux divin sur le Village.

Alors, quand les Indiens attaquent son village et l’enlèvent avec ses enfants et plusieurs autres habitants, la captivité va aider Mary à remettre en question les bases de son existence. Même si elle devient pendant trois mois l’esclave de Weetamoo, Mary n’aura jamais connu une telle liberté auprès de son mari. Elle peut vaquer librement dans le campement, observer les indiennes élever leurs petits d’une manière si maternelle et si différente des femmes anglaises. Elle voit des femmes rabrouer leurs maris et vivre comme jamais elle n’aurait osé l’imaginer. James, un indien converti éveillera en elle des sentiments et des sensations inconnus, qui la troubleront et l’interrogeront sur les liens qui la lient à son mari. Mais la vie est dure auprès des indiens, l’hiver est là et la famine s’installe. Même si Mary appartient au camp indien, elle sent la menace anglaise poindre. La femme blanche va devenir l’objet de négociations entre Anglais et Indiens. Ces derniers la revendront aux siens en échange d’une rançon.

Comment va se passer le retour à la vie anglaise de Mary? Retrouvera-t-elle ses enfants? Qu’est devenu son mari? Est-il parti à sa recherche? S’est-il remarié comme le disaient les Indiens?

Je vous laisse découvrir la suite de peur d’en dire trop. Il m’a beaucoup rappelé Mille femmes blanches de Jim Fergus. Mais il est très différent car les narratrices et l’époque ne sont pas les mêmes. May, la narratrice de Fergus est beaucoup plus délurée et vivait au XIXème alors que Mary Rowlandson vit dans une société très puritaine comme seules pouvaient l’être les colonies anglaises à l’époque. Amy Belding Brown s’est basée sur des faits réels et des archives historiques, rendant le récit plus prenant. L’indien converti qui trouble tant Mary a aussi existé. C’est cette réalité qui rend le roman si fascinant, même si l’on sait que le tout a été romancé. Mary est une femme forte, dans son esprit jaillissent des étincelles que l’on peut considérer comme féministes. Elle s’hérisse face aux injustices et est complètement conquise par certaines moeurs indiennes. L’Envol du moineau, c’est celui de Mary, qui ouvrira sa cage et osera être libre.

Un seul petit bémol: la couverture. J’aurais aimé quelque chose de plus sobre. Celle-ci fait trop romance. Une photographie ou une gravure de forêt de la Nouvelle Angleterre ou d’une maison de l’époque aurait plus sobre.

L’ Envol du moineau paraîtra le 21 mars 2019.

Publié par Hélène

Lectrice avant tout #mercredicestlejourdulivredesenfants #bookstagram

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