Qu’il est difficile d’écrire sur ce que l’on considère comme un chef d’oeuvre.

In waves, c’est l’histoire d’un amour fou, d’espérances et de deuil. C’est l’histoire du surf, d’une île et de deux destins. “Waves“, ce sont les vagues. Celles du flot de l’océan, celles du chagrin et des larmes, qui nous engloutissent, nous laissant parfois un peu respirer avant de nous clouer à nouveau au fond des eaux.

Le narrateur et l’auteur (et dessinateur) ne font qu’un. Aj est amoureux de Kristen. Kristen l’ignore, jusqu’à ce qu’Aj devienne ami avec le frère de celle-ci. Le regard de la jeune fille change, une histoire naît. Une première étreinte, un premier baiser, un premier texto. Ce qui aurait dû être le début d’une belle idylle adolescente est vite assombrie par la tragédie. Kristen est atteinte d’un cancer des os. Résilience, rechutes, espoirs. Aj et Kristen s’aiment et souffrent. La jeune fille laissera sa jambe, ses poumons, puis sa vie.

Entre les pages d’un amour magnifique et immortel, l’histoire du surf, ce surf qui aide Kristen à garder la tête hors de l’eau entre les opérations. Le surf, c’est le destin d’une île, Hawaï et d’un de ses habitants, Duke Kahanamoku. Il y a aussi Tom Blake qui a démocratisé la pratique de ce sport aux États-Unis, ancêtre altier et mystérieux des shapers d’aujourd’hui. Un sport victime de la colonisation, du capitalisme mais aussi, une activité qui permettra aux hawaïens de garder un pan de leur identité et de leur culture et de les transmettre au monde.

La finesse et la force du trait pur d’Aj Dungo donnent aux matières, l’eau, le bois, le ciel, la brutalité de la simplicité. Les quelques couleurs utilisées par l’auteur, un bleu froid rappellent l’océan et d’Hokusai. Le texte magnifique fait effleurer de près la Beauté. La force de l’histoire d’amour et l’expérience de deuil vécue par l’illustrateur, la nostalgie de cette île perdue dans le Pacifique sont tant d’émotions rarement éprouvées lors de la lecture. Il est quasiment impossible de retenir ses larmes face aux illustrations et à la force de l’histoire/Histoire.

La découverte des îles hawaïennes, e cercueil ouvert de Kristen, leur voyage à New-York, Duke et Tom aux Jeux Olympiques, le train dans l’Oregon, les vieilles planches des hawaïens, l’hôpital, la Californie.

Ces phrases:

“Le ciel était pur, ce soir-là. Les étoiles brillaient. Bien au delà de la pollution lumineuse. On avait prévu de se retrouver à la nuit tombée. Elle était seule chez elle. Mais trop nerveuse pour me laisser entrer. Ses parents n’allaient pas tarder à revenir. On est restés longtemps blottis comme ça. Elle sentait la fleur de poirier. Elle était sublime. Même dans son pyjama. J’aurais pu vivre cet instant pour l’éternité”.

“Un jour qu’il était de surveillance sur la plage, Tom trouva une vieille planche se surf échouée sur le sable.Et tout comme Duke, il se mit à surfer. Tom prit sa première vague et ce fut la révélation.”

“Lorsque je ne serai plus là, je veux continuer à exister par ton dessin. C’est tout ce que je veux. Promets-moi de raconter notre histoire”.

Est-ce le deuil qui a crée ce magnifique chef d’oeuvre? Est-ce Kristen?

Publié par Hélène

Lectrice avant tout #mercredicestlejourdulivredesenfants #bookstagram

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